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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 23:11

 

Cette vieille est la sœur des bornes du chemin :

Elle est cassée, austère, anguleuse, immobile.

Un chapelet de fer enguirlande sa main,

Et les sous des passants dansent dans sa sébile.

 

Ses yeux blancs sont pareils aux lampes des tombeaux,

Sans éclat sous l’arc profond de leurs ogives,

Et ses lèvres de chair morte font sans repos

Le murmure indistinct de deux feuilles plaintives.

 

Parfois,  quand le corps las, à la chute du jour,

Je regagne la ville, et mon âtre, et ma table,

L’équité du hasard me mène au carrefour

Où gémit sous la croix l’aveugle lamentable.

 

Et je m’arrête alors devant elle, songeant

Que j’assiste au vivant spectacle de mon âme,

Et je lui dis : « Voici quelques pièces d’argent,

Priez pour moi qui sans amour, pauvre femme. »

 

                               ***

 

Charles Guérin n’est pas un « poète inconnu » mais un poète trop peu connu.

J’ai trouvé ce poème, paru dans Le Semeur de Cendres, dans l’ouvrage Anthologie des Matinées Poétiques de la Comédie Française publiée par Louis PAYEN. 1ère Année – Saison 1920-1921 – Paris Librairie Delagrave. 1923. P. 122.

Voici la courte notice biographique, signée J. VALMY-BAYSSE, qui le précède (page 121).

 

« Des Fleurs des neiges en 1893, à l’Homme intérieur publié en 1906, quelques mois avant sa mort, l’œuvre de Charles Guérin s’échelonne grave, profonde, douloureuse, riche de huit recueils de poèmes qui sont parmi les plus beaux de notre poésie contemporaine.

Dans une forme pure, où le vers traditionnel nous apparaît plus adouci, d’une musicalité plus intime, Charles Guérin a chanté la beauté du désir, la sérénité douloureuse de l’amour, la grâce mélancolique ou lumineuse des paysages auxquels s’attachent ses souvenirs.

On a pu écrire de lui qu’il fut surtout le poète de l’Amour et de la Volupté. Sans doute, mais presque toujours sa foi marque son œuvre de son empreinte, et malgré son extrême sensibilité, il était de ceux :

                Pour qui la volupté ne fut pas la luxure.

ainsi qu’il l’écrivait dans un de ses plus beaux poèmes. »

 

Quelques liens sur cet auteur :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Gu%C3%A9rin_(po%C3%A8te)

http://www.unjourunpoeme.fr/auteurs/guerin-charles

 

Poèmes de Charles Guérin :

http://www.poesie-francaise.fr/poemes-charles-guerin/

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/charles_gu_rin/charles_gu_rin.html

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22 juin 2017 4 22 /06 /juin /2017 19:32

Il m’arrive parfois - à chacun sa faiblesse -

De commettre des vers plus ou moins réussis ;

J’y travaille avec goût, acharnement, ivresse,

Et de bien les tourner me donne maints soucis.

 

J’en écris de mauvais, à ma grande tristesse,

Mais c’est rare, et vraiment, j’en compose d’exquis…

Ne les connaît-on pas ? C’est qu’une enchanteresse

M’empêche d’achever des chefs-d’œuvre sans prix.

 

Nicole est la coupable, eh oui ! je perds la tête –

Ou l’inspiration, pour être plus précis –

Quand je la vois venir et qu’elle me fait fête.

 

Devant son charme drôle et son doux gazouillis,

Mon souffle disparaît, tout me semble fadaises…

Quel désastre effrayant pour les lettres françaises !

 

                                         ***

 

 

Je n’ai malheureusement aucune biographie ou lien à proposer à propos de cette auteure.

 

 

Ce poème est extrait de :

 

 

Les Enfants et les Mères.

Albert Messein éditeur. 1930.

Ouvrage non paginé qui débute par ce texte.

 

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21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 20:43

Epître à Messieurs du camp de Saint-Roch[1] – 1782.

 

 

Messieurs de Saint-Roch, entre nous,

Ceci passe la raillerie ;

En avez-vous là pour la vie,

Ou quelque jour finirez-vous ?

Ne pouvez-vous à la vaillance

Joindre le talent d’abréger ?

Votre éternelle patience

Ne se lasse point d’assiéger ;

Mais vous mettez à bout la nôtre.

Soyez donc battans ou battus ;

Messieurs du camp et du blocus,

Terminez de façon ou d’autre,

Terminez, car on n’y tient plus.

 

Fréquentes sont vos canonnades ;

Mais, hélas ! qu’ont-elles produit ?

Le tranquille Anglais dort au bruit

De vos nocturnes pétarades ;

Où s’il répond de tems en tems

A votre prudente furie,

C’est par égard, je le parie,

Et pour dire ; Je vous entends.

 

Quatre ans ont du vous rendre sages ;

Laissez donc là vos vieux ouvrages,

Quittez vos vieux retranchemens,

Retirez-vous, vieux assiégeans ;

Un jour ce mémorable siège

Sera fini par vos enfans,

Si toutefois Dieu les protège.

Mes amis, vous le voyez bien,

Vos bombes ne bombardent rien ;

Vos bélandres[2] et vos corvettes,

Et vos travaux et vos mineurs,

N’épouvantent que les lecteurs

De vos redoutables gazettes ;

Votre blocus ne bloque point ;

Et grâce à votre heureuse adresse,

Ceux que vous affamez sans cesse

Ne périront que d’embonpoint.

 

                 ***

 

L’auteur des Chansons Madécasses n’est évidemment pas un « poète inconnu », mais il est plus connu pour ces chansons ou ses œuvres galantes et parfois érotiques que pour le genre de poème rapporté ci-dessus.

Ce texte est tiré de :

Œuvres diverses d’Evariste Parny – Tome scond.

A Paris chez

A. G. Derbay, Libraire, rue Saint-Honoré, vis-à-vis celle du Coq, n° 168,

L. Duprat-Duverger, Libraire, rue des Grands-Augustins, n° 21.

1812. P. 167-9.

 

Voici quelques liens concernant cet auteur :

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89variste_de_Parny

 

https://www.babelio.com/auteur/variste-De-Parny/249770

 

http://www.academie-francaise.fr/les-immortels/evariste-de-forges-de-parny

 

http://www.larevuedesressources.org/les-chansons-madecasses-d-evariste-de-parny,1071.html

 

Et sur le siège de Gibraltar (le camp de St-Roch) par les Espagnols en 1782 :

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Si%C3%A8ge_de_Gibraltar_(1779-1783)

 

Poèmes (et citations) de Parny :

 

http://www.poesie-francaise.fr/poemes-evariste-de-parny/

 

https://www.franceculture.fr/emissions/poeme-du-jour-avec-la-comedie-francaise/evariste-de-parny-0

 

http://www.mon-poeme.fr/citations-evariste-de-parny/

 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k71354d.swf.f10.langFR

 

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/evariste_de_parny/evariste_de_parny.html

 

http://www.unjourunpoeme.fr/auteurs/parny-evariste

 

Un ouvrage sur Parny :

 

http://www.editions-hermann.fr/4506-evariste-parny-1753-1814.html

 

 

[1] Le camp de l’armée espagnole, soutenue par les français, qui tentait de reprendre Gibraltar aux Anglais en l’assiégeant.

[2] Bélandre, nom féminin : navire de charge, à fond plat, de forme proche de la péniche mais possédant un gréement et prévu pour la seule navigation côtière ou sur les canaux et rivières.

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20 juin 2017 2 20 /06 /juin /2017 18:00

O vierge ! Ta beauté semble un champ de blé mûr

Dont le vent fait rouler les vagues inquiètes !

Parmi les brins serrés, passant leurs folles têtes,

Brillent le pavot rouge et le bleuet d’azur ;

 

Au zénith éclatant pas un nuage obscur ;

L’aube seule aux épis suspend ses gouttelettes ;

Mille désirs charmants, comme des alouettes,

Volent par les sillons et poussent leur cri pur.

 

Vierge ! Voici le temps qu’on va lier les gerbes ;

Bientôt retentiront les chansons dans les herbes,

Et les rondes, le soir, sous les cieux étoilés,

 

Car, sur ses larges reins attachant sa ceinture,

Demain le moissonneur à la brune figure

Va promener sa faux par l’épaisseur des blés !

 

                                   ***

 

 

Ce texte est extrait de :

 

Œuvres de louis Bouilhet.

Festons et Astragales.

Melaenis.

Dernières chansons.

Alphonse Lemerre. 1880. P. 22.

 

Voici quelques liens en rapport avec cet auteur :

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis-Hyacinthe_Bouilhet

 

http://www.lespoetes.net/poete-23-Louis-BOUILHET.html

 

http://evene.lefigaro.fr/celebre/biographie/louis-bouilhet-852.php

 

Quelques poèmes de Louis Bouilhet :

 

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/louis_bouilhet/louis_bouilhet.html

 

http://www.poesies.net/louisbouilhet.html

 

https://fr.wikisource.org/wiki/Auteur:Louis_Bouilhet

 

https://www.babelio.com/auteur/Louis-Bouilhet/252815

 

L’ami de Flaubert :

 

http://www.amis-flaubert-maupassant.fr/article-bulletins/035_008/

 

http://www.amis-flaubert-maupassant.fr/article-bulletins/x1bou/

 

Les oeuvres de Bouilhet :

 

http://short-edition.com/classique/louis-bouilhet

 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k113331k/f427.image

 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k548365.r=.langFR

 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k54642951

 

Sur la mort de Bouilhet :

 

http://www.poetica.fr/poeme-1418/guy-de-maupassant-sur-la-mort-de-louis-bouilhet/

 

Préface de Flaubert aux Dernières Chansons de Bouilhet :

 

http://flaubert.univ-rouen.fr/oeuvres/preface_bouilhet.php

 

                                                ***

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7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 22:10

D’autres vont effeuiller les lys dans la vallée,

Et respirer parmi la mollesse du jour,

Languissamment, la chair plus que l’âme troublée,

Les roses d’un fragile amour.

 

Satisfaits de mêler leurs doigts et leur haleine,

Le regard caressant un étroit horizon,

Ils ne quitteront pas les bluets de la plaine ;

Un verger sera leur prison.

 

Ne les imitons pas ! Je sais sur la montagne

Où le vent effeuille seul les fleurs ;

Où les bergers lointains, épars dans la campagne,

Ne font pas monter leurs clameurs.

 

La saison répand là ses plus vierges aromes,

A des rochers aigus l’aigle accroche son nid ;

Là, le rêve parcourt ses bleuâtres royaumes,

Le front levé vers l’infini.

 

Pour toi je cueillerai les sauvages pensées,

Dont juillet à foison décore ces beaux lieux ;

J’unirai savamment leurs grâces dispersées

Pour en mieux fasciner tes yeux.

 

Mais auprès du Lac Noir, de hautes digitales

Attireront mes mains vers leur grave beauté,

Et je ferai pour toi des gerbes sans rivales,

Avec leurs thyrses clairs arrachés au Léthé.

 

***

 

 

Ce poème est tiré de l’ouvrage : « A l’ombre de Sainte-Odile. » d’Alfred DROIN. Librairie académique PERRIN et Cie. 1922. P. 168-169.

 

 

Voici quelques liens concernant cet auteur :

Rééditions

https://www.jschweitzer.fr/les-autres-c%C3%A9l%C3%A9brit%C3%A9s/alfred-droin/

 

http://data.bnf.fr/11900632/alfred_droin/

 

http://pandricq.wixsite.com/lettresdumekong/droin-alfred

 

http://www.academie-francaise.fr/alfred-droin

 

https://fr.wikisource.org/wiki/Auteur:Alfred_Droin

 

 

Une série de poèmes parus dans la « Revue des Deux Mondes » :

 

https://rddm.revuedesdeuxmondes.fr/archive/article.php?code=55954

 

https://rddm.revuedesdeuxmondes.fr/archive/article.php?code=53861

 

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18 mai 2017 4 18 /05 /mai /2017 16:15

 

Voici la douce nuit de mai

Que l’on doit aller jouer,

Et point ne se doit-on coucher :

La nuit bien courte trouverai.

 

Devers ma Dame m’en irai,

Si sera pour la saluer

Et par congé lui demander

Si je lui porterai le mai.

 

Le mai que je lui porterai

Ne sera point un églantier,

Mais ce sera mon cœur entier

Que par amour lui donnerai.

 

              ***

 

 

Ce texte est extrait de l’ouvrage suivant :

 

La Chanson Française du XVe au XXe Siècle. La Renaissance du Livre (sans date d’édition). P. 39.

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18 mai 2017 4 18 /05 /mai /2017 15:18

Personne dans la cour, dans les champs, au lavoir.

Le vent ne ride plus l’étang ni l’abreuvoir.

 

Une ombre violette où percent des rayons

A libéré l’espace au-delà des sillons.

 

Et la chaumière, dans le soir torrentiel,

Semble offrir sa fumée à la pourpre du ciel.

 

                      ***

 

Je tire ce texte, paru à l’origine dans Soleils – H. Champion, éditeur, de l’ouvrage suivant :

L’Arc en Fleur. Première Partie. Poésies modernes choisies par A. GOT pour la jeunesse et éditées par BOURRELIER et cie. 1933. P 14.

 

Voici quelques liens (assez chiches) biographiques :

 

http://data.bnf.fr/12714868/paul_jamati/

 

http://pages.textesrares.com/index.php/Le-livre/Jamati-Paul-1890-1960-un-poete-mal-connu.html

 

et la photo de cet auteur :

 

http://www.parisenimages.fr/fr/galerie-collections/5503-8-paul-jamati-ne-1890-ecrivain-poete-francais-france-1930

 

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14 mai 2017 7 14 /05 /mai /2017 21:28

Courage, grand Achille[1], oppose à la fortune

Ce bouclier de Vulcan, ce mur de fin acier,

Ce rempart d’innocence en ce cœur justicier,

Comme un roc qui résiste au courant de Neptune.

 

Ta vertu soit toujours toute telle et toute une,

Insensible aux appas d’un puissant financier,

Impénétrable et sourde aux charmes d’un sorcier,

Qui de crainte et d’espoir ta constance importune.

 

Destourne tes pensers des faveurs de la cour,

Maintien ton grave front quoyque le temps qui court

Désireroit des mœurs qui fussent moins austères.

 

Aux grands maux comme sont les nostres d’aprésent,

Le médecin perd tout, qui se rend complaisant ;

Les bruvages amers sont les plus salutaires.

 

***

 

 

Ce texte est tiré du volume « Anthologie des Poètes Français depuis les origines jusqu’à la fin du XVIIIe siècle – Précédé d’une étude de la Poésie Française par Anatole France »PARIS - Librairie Alphonse LEMERRE. 1947. P 115-16

 

Voici les quelques mots de biographie qui l’accompagnent (la note de bas de page est également tiré de ce même ouvrage).

 

 

Sénéchal de Fontenay, puis lieutenant de robe courte à Paris, Nicolas Rapin fut un savant poète et un généreux citoyen. Ses poésies latines, plus nombreuses que ses poésies françaises, étaient aussi plus estimées.

 

Et voici quelques liens pour en savoir plus.

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Rapin

 

http://data.bnf.fr/12508904/nicolas_rapin/

 

http://www.persee.fr/docAsPDF/rhren_0181-6799_1983_num_16_1_1348.pdf

 

http://www.la-vie-du-jardin.com/renaissance/litter53/pu/RapinN-bio.html

 

https://rcf.fr/culture/portraits/nicolas-rapin

 

Nicolas Rapin se trouve également cité dans les ouvrages suivants :

 

Poésie Baroque. Tome II - Larousse 1969. P 60-61

Petit Guide Pédestre de la Littérature Française au XVIIe siècle - M. et M. Chaillou –Hatier 1990. P 41.

 

[1] Achille de Harlay (1536-1616), magistrat savant et intègre, resta fidèle à Henri III attaqué par les Ligueurs. Après la journée des Barricades, en 1588, le duc Henri de Guise, maître de Paris par la fuite du roi, alla prier Achille de Harlay de se joindre à lui, et n’en put tirer que ces paroles : « C’est grand’pitié quand le valet chasse le maître ; au reste, mon âme est à Dieu, mon cœur est au Roi et mon corps entre les mains des méchants ; qu’on en fasse ce qu’on voudra. »

 

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14 mai 2017 7 14 /05 /mai /2017 20:29

Sire princes, dit-il, Henris[1] se puet vanter

Que d’Espaigne porra tous jours rois demourer ;

Roy d’Espaigne morra, quoi qu’il doie couster ;

E de ma raençon que il me convient trover,

Paiera-il la moitié ; mains ne li puet couster.

Et l’autre remanant, foi que doi Saint-Omer !

Me prestera li rois qui France doit garder.

Et de tant vous di bien, je m’en ose vanter,

Que ce (r)ien ces II ci je pe’usse trouver,

N’a filaresse en France qui sache fil filer

Qui ne gaignast ainçois ma finance à filer.

 

Sire prince, dit-il, Henri se peut vanter

Que d’Espagne pourra toujours roi demeurer.

Roi d’Espagne demeurera quoi qu’il en doive coûter,

Et de ma rançon qu’il me faut trouver,

Paiera la moitié : moins ne lui peut coûter.

Et l’autre restant, par la foi que je dois à Saint-Omer,

Me prêtera le roi qui France doit garder.

Au surplus, vous dis bien, je m’en ose vanter,

Que si je ne pouvais pas trouver ces deux-ci,

Il n’y a fileuse en France, qui sache fil filer,

Qui ne gagnât plutôt ma rançon à filer.

 

                       ***

 

Ce texte qui compte onze alexandrins sur les 18 à 24 000 (selon la version) que compte la « Chanson de Du Guesclin » du trouvère Jean ( ?) CUVELIER est tiré du volume « Anthologie des Poètes Français depuis les origines jusqu’à la fin du XVIIIe siècle – Précédé d’une étude de la Poésie Française par Anatole France »PARIS - Librairie Alphonse LEMERRE. 1947. P 60-61.

 

Voici, tiré du même ouvrage, la courte biographie de l’auteur de ce texte.

 

Le trouvère Cuvelier, Cunelier ou Cimelier, composa la Chronique rimée de Bertrand du Guesclin. Un de ses contemporains l’appelle « le pouvre homme Cimelier ». C’est toute sa biographie. Comme sa chanson est la dernière de geste, et comme elle est fort intéressante pour l’histoire et les mœurs, nous en donnons onze vers, onze seulement, mais qui contiennent une réponse restée bien célèbre. L’œuvre de Cuvelier est, selon M. Moland, « naïve, originale, prosaïque ».

 

Ci-dessous quelques liens qui permettront d’en savoir un petit peu plus :

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Cuvelier_(trouv%C3%A8re)

https://www.arlima.net/ad/cuvelier1.html

https://crm.revues.org/2172

 

[1] Henri de Trastamare, que du Guesclin rétablit avec l’aide des Grandes Compagnies qui ravageaient la France.

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13 mai 2017 6 13 /05 /mai /2017 18:07

Sainte-Pélagie.

 

Air des Chevilles de maître Adam.

 

Amis, voici la riante semaine

Que tous les ans je fêtais avec vous.

Marotte en main, dans le char qu’il promène,

Momus[1] au bal conduit sages et fous.

Sur ma prison, dans l’ombre ensevelie,

Il m’a semblé voir passer les Amours.

J’entends au loin l’archet de la Folie :

Ô mes amis, prolongez d’heureux jours !

 

Oui, je les vois ces danses amoureuses

Où la beauté triomphe à chaque pas ;

DE vingt danseurs, je vois les mains heureuses

Saisir, quitter, ressaisir mille appas.

Dans ces plaisirs que votre cœur m’oublie :

Un seul mot triste en peut troubler le cours.

J’entends au loin l’archet de la Folie :

Ô mes amis, prolongez d’heureux jours !

 

Combien de fois, auprès de la plus belle,

Dans vos banquets j’ai présidé chez vous !

Là de mon cœur jaillissait l’étincelle

Dont la gaîté vous électrisait tous.

De joyeux chants ma coupe était remplie ;

Je la vidais, mais vous versiez toujours.

J’entends au loin l’archet de la Folie :

Ô mes amis, prolongez d’heureux jours !

 

Des jours charmants la perte est seule à craindre ;

Fêtez les bien, c’est un ordre des cieux.

Moi, je vieillis, et parfois laisse éteindre

Le grain d’encens dont je nourris mes dieux.

Quand la plus tendre était la plus jolie,

Des fers alors m’auraient paru bien lourds.

J’entends au loin l’archet de la Folie :

Ô mes amis, prolongez d’heureux jours !

 

Mais accourez, dès qu’une longue ivresse

Du calme enfin vous impose la loi.

Dernier rayon, qu’un reste d’allégresse

Brille en vos yeux et vienne jusqu’à moi.

Dans vos plaisirs ainsi je me replie ;

Je suis vos pas, je chante vos amours.

J’entends au loin l’archet de la Folie :

Ô mes amis, prolongez d’heureux jours !

 

                            ***

 

Béranger n’est évidemment pas un poète « inconnu » mais il est un peu oublié et c’est à ce titre qu’il figure ici.

 

Ce texte est tiré du volume : « Œuvres Complètes de J. P. DE BERANGER contenant Les Dix Chansons Nouvelles - Edition Elzévirienne – Paris – Perrotin, Libraire. 1850. » P 350.

 

Comme le sous-titre l’indique, ce texte a du être composé pendant l’incarcération de Béranger à la prison de Sainte-Pélagie, une peine que lui avaient valu ses poèmes hostiles à la monarchie.

 

Voici quelques liens concernant sa biographie ou ses poèmes.

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre-Jean_de_B%C3%A9ranger

 

http://www.universalis.fr/encyclopedie/pierre-jean-de-beranger/

 

https://fr.wikisource.org/wiki/Auteur:Pierre-Jean_de_B%C3%A9ranger

 

http://www.cndp.fr/entrepot/baccalaureat-musique/le-timbre/biographies/pierre-jean-de-beranger.html

 

Plusieurs textes de Béranger :

 

http://www.poesie-francaise.fr/poemes-pierre-jean-de-beranger/

 

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/recherche.php

 

[1] Momus, Momos: mythologie grecque, dieu de la raillerie et de la dérision.

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