Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
11 octobre 2017 3 11 /10 /octobre /2017 23:15

 

Fy de la ligue et de son nom !

                Fy de la Lorraine estrangère[1] !

                Vive le Roi[2]! vive Bourbon !

                Vive la France nostre mere !

                La Ligue n’est que trahison !

La Ligue est un monstre odieux

                Rempli de rage et de perfidie,

                A Dieu et aux hommes hayneux[3]

                Et plein de fureur estourdie ;

                La Ligue est yssue d’enfer,

                Fille aisnée de Lucifer.

Car ce monstre n’est que poison

                Duquel l’Espaignolle semence

                Tasche par mortelle achoison[4]

                D’ensorceller toute la France.

                Mais tous François de cœur benin

                Resisteront à ce venin.

Il y a cent mille François

                Qui ont l’ame si genereuse

                Qu’ils mesprisent tous les abbois

                De cette ligue furieuse ;

                Et qui mourront plus tost cent fois

                Que de fleschir dessous ses lois.

Vous devriez, o Guisars malins,

                Rougir de voir vostre patrie

                Par vos seditieuses mains

                Ravagée en mutinerie.

                On void les marques en tous lieux

                De vos desseings malitieux…

Nostre sainte religion

                Vous sert d’un pretexte vollage,

                Pour remplir ceste region[5]

                De sac, de sang et de carnage.

                Mais vos desseings sont descouverts ;

                On voit le jour tout à travers.

Par un desir ambitieux

                Remply de folle outrecuydance

                Vous pensiez escheler[6] les cieux

                Et subjuguer toute la France.

                Mais Dieu qui préside aux combas,

                Vous fera tresbucher en bas…

 

                               ***

 

Ce texte est tiré de :

Le Seizième Siècle en France – Tableau de la littérature et de la langue - Arsène DARMESTETER, Adolphe HATZFELD – Paris Librairie Delagrave – 1923.

suivi de:

Morceaux choisis des principaux écrivains en prose et en vers du XVIe siècle. Mêmes auteurs - Même éditeur. 1924. P.304-305.

 

La présentation du texte et les notes de bas de page qui l’accompagnent sont celles de l’ouvrage cité.

Ce texte est précédé d’une note sur : La Chanson que je reproduis ci-dessous.

« Le XVIe siècle est riche en chansons de toute sorte : chansons d’amour, chansons bachiques, chansons politiques : la plupart sont anonymes, comme presque toutes les poésies populaires.

La pièce que nous citons est une chanson politique tirée du Recueil de chants historiques français de Le Roux de Lincy (Paris, 1842, t. II, P. 491). L’éditeur l’a prise d’un ancien Recueil de plusieurs belles chansons nouvelles et modernes (Lyon, 1593, in-32).»

 

                               ***

 

 

[1] Allusion aux Guises, ducs de Lorraine.

[2] Henri de Bourbon, Henri IV.

[3] Ennemi.

[4] Occasion.

[5] Le texte porte par erreur religion

[6] Escalader.

Repost 0
11 octobre 2017 3 11 /10 /octobre /2017 22:23

 

Chausse mon compagnon, tes espadrilles blanches ;

Il fait grand jour, et la montagne nous attend !

Nous passerons le pont tremblant, le pont de planches ;

Nous irons vers le lac que l’on voit miroitant.

 

Dépêche, il fait grand jour… Que la campagne est verte !

La sapinière a tant d’arôme ce matin.

Nous aurons chaud, là-bas, dans la gorge déserte

Où sont les éboulis et les coteaux de thym.

 

Dépêche-toi !... Déjà toutes les femmes lavent ;

Tous les bergers sont loin : entends-tu les troupeaux ?

Hardi, hardi ? Prenons nos sacs et nos chapeaux !

 

Je vois un vieux pêcheur marcher au long du gave,

Et dans le pré, deux petits gars, en reculant,

Font monter au ciel bleu leur rouge cerf-volant.

 

                               ***

Ce texte de Poèmes et chansons (Gallimard, éditeur) est extrait de l’ouvrage suivant :

Vers et Prose – G. Rouger, R. France, A. Hubac – Cycle d’observation, Classe de sixième – Fernand Nathan. 1964. P. 173.

Vous trouverez une liste de sites concernant cet auteur dans un précédent article de ce blog : « Les buffets noirs » à l’adresse suivante :

http://poetesinconnus.over-blog.com/2017/04/que-sur-les-buffets-noirs.louis-codet-1876-1914.html

Repost 0
Published by ALARIC - dans XIXè siècle
commenter cet article
3 octobre 2017 2 03 /10 /octobre /2017 22:10

 

Je suis une antique gargouille

Logée au sommet d’un clocher.

Je ne sais qui vint m’y percher…

Mes souvenirs, le temps les brouille.

 

Sous moi, très bas, la foule grouille.

De mon haut je la vois marcher…

Je suis une antique gargouille

Logée au sommet d’un clocher.

 

Quand il pleut fort, j’aime à pencher

Sur les gens que l’averse mouille

Mon bec crochu. J’aime à cracher,

Sur eux, mon eau pleine de rouille.

Je suis une antique gargouille

Logée au sommet d’un clocher.

 

                        ***

 

 

Je tire ce texte[1] de : Vers et Prose de G. Rouger, R. France et A. Hubac. Cycle d’Observation – Classe de Sixième. Fernand Nathan – 1964 – P. 337.

 

Voici quelques liens sur cet auteur :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_de_La_Ville_de_Mirmont

http://www.leparisien.fr/flash-actualite-culture/jean-de-la-ville-de-mirmont-le-poete-soldat-oublie-de-bordeaux-20-10-2013-3243027.php

https://www.babelio.com/auteur/Jean-de-La-Ville-de-Mirmont/118436

https://www.babelio.com/auteur/Jean-de-La-Ville-de-Mirmont/118436/citations

https://www.leducation-musicale.com/mirmont.pdf

https://www.la-croix.com/Culture/Livres-Idees/Livres/A-la-recherche-de-Jean-de-La-Ville-de-Mirmont-_NG_-2013-02-07-908090

http://www.lespoetes.net/cartepoetedhier.php?idpoetedhier=120

http://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/picardie/aisne/histoires-14-18-jean-ville-mirmont-poete-au-coquelicot-1046711.html

 

Les Horizons Chimériques illustrés sur Gallica :

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9609197q/f20.image.r=

Un recueil posthume de certains de ses poèmes :

https://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99Horizon_chim%C3%A9rique

Documentaire FR3 Bordeaux sur ce poète :

https://www.youtube.com/watch?v=BeBNh5u4a8s

Poème mis en musique par Gabriel Fauré :

https://www.youtube.com/watch?v=oAWjc6Q7L2U&feature=youtu.be

Poème mis en musique par Julien Clerc :

http://gouttedeau.blog.lemonde.fr/2011/01/20/jean-de-la-ville-de-mirmont-julien-clerc-les-horizons-chimeriques/

 

[1] Un rondel paru dans : Vie de Jean de LA VILLE DE MIRMONT – La Cause, éditeur.

Repost 0
Published by ALARIC - dans XXè siècle
commenter cet article
2 octobre 2017 1 02 /10 /octobre /2017 22:08

 

Voici tout ce qu’il faut pour écrire des vers :

Ta table ; le printemps dans tes vieux carreaux verts ;

Un rameau que l’azur matinal baigne et mouille ;

De l’encre stygéenne[1] et qui sent fort la rouille,

Ta plume qui la boit comme un petit bec lourd ;

Et puis tout ce qu’il faut pour souffrir…. Ton amour !

                               ***

Ce texte est extrait de ORCHESTRES Poésies. Léo LARGUIER –Flammarion – Sans date. P. 129.

 

Pour les liens concernant cet auteur merci de vous reporter au précédent article sur ce poète:

http://poetesinconnus.over-blog.com/2017/10/minuit-des-jaloux.leo-larguier-1878-1950.html

 

 

[1] Stygéenne : adjectif, en rapport avec le Styx (l’un des fleuves des enfers dans la mythologie grecque).

Repost 0
Published by ALARIC - dans XXè siècle
commenter cet article
2 octobre 2017 1 02 /10 /octobre /2017 21:54

Un pas dans l’escalier !... Si c’était l’infidèle !

Une voiture roule et s’arrête…. c’est elle !

Non, c’est quelque voisin qui rentre. Et dans le bruit

De la voiture qui repart sonne minuit.

C’est l’heure où des jaloux redouble le martyre….

Sûrement, sûrement elle est en train de dire

En se déshabillant : « Je n’ai jamais aimé

Que toi…. » Son tiède bras sort blanc et parfumé

Du corsage, et voici sa jupe qui se couche

A ses pieds….Elle marche au lit ouvert…. Sa bouche

Scelle les lèvres du jeune homme qui l’étreint….

Elle se tait…. Pourquoi n’ont-ils donc pas éteint

La veilleuse qui brûle au milieu de la chambre ?...

Et sous la nuit sinistre et froide de décembre

Dans es villes de boue et d’amour, les jaloux

Se couchent, redoutant une quinte de toux

Qui doit les éveiller et leur montrer sans cesse,

Plus nue à chaque fois, leur lascive maîtresse.

 

                               ***

 

Ce texte est extrait de ORCHESTRES Poésies. Léo LARGUIER –Flammarion – Sans date. P. 143.

 

Voici quelques liens concernant cet auteur.

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9o_Larguier

http://data.bnf.fr/12130216/leo_larguier/

http://www.lekti-ecriture.com/blogs/alamblog/index.php/post/2006/11/08/194-leo-larguier

https://fr.wikisource.org/wiki/Auteur:L%C3%A9o_Larguier

http://soleildanslatete.centerblog.net/rub-leo-larguier-.html

 

Repost 0
Published by ALARIC - dans XXè siècle
commenter cet article
20 septembre 2017 3 20 /09 /septembre /2017 23:08

 

 

Nous sommes trois dans l’armée,

Nous sommes trois à nous aimer.

 

Un de Paris,

Un de Provence,

Un du pays,

D’Ile-de-France…

 

Trois compagnons,

Trois gars qui rêvent

Aux trois pays

Des Madelons,

Des Magalis,

Des Genevièves…

 

Trois qui font bande,

Trois du pays

De la lavande,

Des marguerites

Et des blancs lys…

 

Trois du pays

Des pommes frites,

Des aïolis,

Du lard aux choux…

Nous sommes trois gars de chez nous !

 

Nous sommes trois dans l’armée,

Nous sommes trois à nous aimer.

 

C’est un beau résultat,  je crois,

Nous sommes trois !

Mais à la belote que j’aime,

Qui veut faire le quatrième ?

Il suffit d’être de bon cœur,

De bon vouloir et de franchise,

De partager joie ou rancœur

Comme manteau, sous ou chemise…

Sera-ce toi, Roch de Corrèze

Qui cache dans ton paquetage

Une confiture de fraise ?

Ou bien toi, Le Moal, Breton,

Qui t’isoles dans ton langage

Comme en sa coque un limaçon ?

Ou toi, Doudou, de noir visage ?

Et voici que chacun répond,

- Limousin noir ou bien Breton –

On commence une neuve page,

On vit ensemble, on chante en chœur !

Ouvre ton sac, ouvre ton cœur

Que l’on soit frère et qu’on partage !

 

Nous sommes cent dans l’armée,

Nous sommes cent à nous aimer…

 

                               ***

 

Ce texte est extrait de l’ouvrage Trois de France – Jean MARIAT – Editions de France – 1941. P.16-18.

Ce volume rassemble des poèmes écrits au début de la campagne de 1939-40 puis en captivité, poèmes où apparaissent ces « trois de France » que sont : « Martin, fermier d’Ile de France », « Claude le Parisien, jeune homme de Passy » et « Gentil Bernard, dit l’Olivette, des Baux (de Provence) ».

 

Voici les quelques éléments biographiques que j’ai pu rassembler sur cet auteur en parcourant internet :

Jean MARIAT est un des pseudonymes de Guy Roissard de Bellet (1903-1972) qualifié de « journaliste » dans la publication  ÉGO 1939-1945 du Centre de Recherche d'Histoire Quantitative (CRHQ)MRSH-CNRS-UNICAEN

( http://www.ego.1939-1945.crhq.cnrs.fr/recherche/detail_aut.php?id_personne=188 ).

La liste de ses œuvres est fournie par « worldcat » :

http://www.worldcat.org/title/femme-nue-et-lhomme-habille-nouvelle-inedite/oclc/29135012

 

Treize ouvrages dont trois comme collaborateur:

 

Souvenirs d'un académicien : mémoires inédits

Auteur: Jules Claretie; Pierre Guitet-Vauquelin; Jean Anouilh; Pierre Hubermont; Guy Roissard de Bellet

 

Je ne suis plus à moi

Auteur: Binet-Valmer; Gabriel Marcel; Edith Wharton; Guy Roissard de Bellet; Armand Praviel

 

L'Amour à Paris par arrondissement

Auteur: Jacques Morlaine; Guy Roissard de Bellet

 

Et dix comme auteur unique :

Trois de France;

Auteur: Guy Roissard de Bellet

Monologue de Platon,

Auteur: Guy Roissard de Bellet

L'Amour en fleur

Auteur: Guy Roissard de Bellet

La femme nue et l'homme habillé : nouvelle inédite

Auteur: Guy Roissard de Bellet

L'éducation coloniale : roman inédit

Auteur: Guy Roissard de Bellet

Souro Sanou, le féticheur : nouvelle inédite

Auteur: Guy Roissard de Bellet

Tropiques de l'amour

Auteur: Guy de Roissard de Bellet

Prisonnier en Allemagne

Auteur: Guy Roissard de Bellet

Mata Hari

Auteur: Guy Roissard de Bellet

Mort le nègre

Auteur: Guy Roissard de Bellet

 

Les autres pseudonymes de cet auteur sont :

Jean Roissard,

Marco Phillipe.

https://books.google.fr/books?id=kJzf0IJ1IuMC&pg=PA233&lpg=PA233&dq=Roissard+de+Bellet,+Guy&source=bl&ots=YeP1w9_hY3&sig=wuZ5PIjHYaqkvueXcg9jcITIGE8&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiXuYa7nrHWAhVCbBoKHQGkDBg4ChDoAQg-MAU#v=onepage&q=Roissard%20de%20Bellet%2C%20Guy&f=false

 

Note : ses dates de naissance et de décès se trouvent sur :

http://geneall.net/fr/name/2217667/guy-charles-jean-marie-roissard-de-bellet/

 

Repost 0
Published by ALARIC - dans XXè siècle
commenter cet article
26 août 2017 6 26 /08 /août /2017 17:16

Garçon loyal et bon chrétien,

J’aime plus que votre entretien ;

Pourquoi donc, sexe au teint de rose,

Quand la charité vous impose

La loi d’aimer votre prochain,

Me pouvez-vous haïr sans cause,

Moi, qui ne vous fis jamais rien ?

Ah ! pour mon bonheur je vois bien

Qu’il vous faut faire quelque chose.

 

                        ***

 

Je tire ce court texte de l’ouvrage suivant :

Poètes Français ou Choix de Poésies des Auteurs du Second et du Troisième Ordre des XVe, XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, Avec des Notices sur Chacun de ces Auteurs Par  J.-B. –J. CHAMPAGNAC. Tome Second. PARIS, Ménard et Desenne, Fils. 1825. P. 112

Voici la note biographique qui le précède, les dates de naissance et décès y semblent erronées.

« Charles Coypeau, sieur d’Assoucy, appelé le Singe de Scarron, né à Paris en 1604, mort en 1679, après avoir mené une vie errante et féconde en aventures aussi bizarres et aussi burlesques que la plupart de ses productions. On disait qu’il était hérétique en amour, et cette hérésie lui attira bien des disgrâces de la part des dames. Celles de Montpellier voulurent le faire brûler. (Voyez le voyage de Chapelle et Bachaumont[1]). »

Voici quelques liens qui concernent cet auteur :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Coypeau_d%27Assoucy

https://en.wikipedia.org/wiki/Charles_Coypeau_d%27Assoucy

http://data.bnf.fr/12065709/charles_coypeau_d__assoucy/

https://www.babelio.com/auteur/-Charles-Coypeau-dAssoucy/360823

https://operabaroque.fr/ASSOUCI.htm

https://fr.wikisource.org/wiki/Auteur:Charles_Coypeau_d%E2%80%99Assoucy

http://www.ipoesie.org/charles-coypeau-d-assoucy

http://www.toutmoliere.net/d-assoucy.html

https://ccrh.revues.org/241

https://dossiersgrihl.revues.org/4919

http://www.poesies.net/charlescoypeaudassoucy.html

 

 

[1] Chapelle et Bachaumont sont les auteurs d’un ouvrage intitulé Voyage dans lequel ils portent conte d’Assoucy les accusations dont il est question.

Repost 0
25 août 2017 5 25 /08 /août /2017 00:26

 

Ces pièces sont tirées de l’ouvrage  Nouveaux Triolets Frondeurs ou Les Triomphes de la Fronde – 1650. Aucun nom d’éditeur. Le volume comporte douze triolets pour la plupart assez maladroits.

Volume numérisé accessible sur Gallica  http://www.gallica.bnf.fr/

 

 

Les jolis Triolets frondeurs

Par qui la Fronde est exaltée,

Car des plus grands Triomphateurs,

Les jolis Triolets frondeurs,

Et des plus superbes vainqueurs

Elle ne fut jamais domptée,

Les jolis Triolets frondeurs

Par qui la Fronde est exaltée.

 

                               ***

 

A ce grand Geant Philistin

Elle a sceu abattre l’audace,

Qui fut par un bras enfantin,

A ce grand Geant Philistin

Elle fit rencontrer la fin

D’un coup le jettant sur la place,

A ce grand Geant Philistin

Elle a sceu abattre l’audace.

 

                               ***

 

Fut du petit Pasteur David,

Qui apres fut Roy et Prophete,

Du Geant vainqueur il se vid,

Fut du petit Pasteur David,

A qui un grand bon-heur suivit

Apres une telle defaitte,

Fut du petit Pasteur David,

Qui apres fut Roy et Prophete.

 

                               ***

 

Il faut que dans nos Triolets

Notre Fronde soit bien prisée,

Ses coups vallent bien des boulets,

Il faut que dans nos Triolets,

Aussi bien que des pistolets

Elle a une belle visée,

Il faut que dans nos Triolets

Notre Fronde soit bien prisée.

 

                               ***

 

Car nos bons François, aguerris

Par le seul moyen de la fronde,

Avec elle ils font grand debris,

Car nos bons François aguerris,

Des morts, des blessez, des meurtris,

Faisant ranger tous ceux qui grondent,

Car nos bons François, aguerris

Par le seul moyen de la fronde.

 

                               ***

 

Ils ne veulent point pour fronder

Des casques et des cottes de maille,

Ne craignent point se hazarder,

Ils ne veulent point pour fronder,

On se plaist à les regarder

Victorieux dans ces chamailles,

Ils ne veulent point pour fronder

Des casques et des cottes de maille.

 

                               ***

 

Si vous entendez un bel air

La Fronde y sera eslevée :

Car ses coups comme un esclair,

Si vous entendez un bel air,

Et Beaufort[1] ce grand Duc et Pair

Fort agreable l’a trouvée,

Si vous entendez un bel air

La Fronde y sera eslevée .

 

                               ***

 

Parisiens vous emporterez

Sur tous les autres l’advantage,

Et pendant que vous fronderez

Parisiens vous emporterez,

Sans cesse l’honneur vous aurez,

Ne quittez donc pas le frondage,

Parisiens vous emporterez

Sur tous les autres l’advantage.

 

                               ***

 

Nostre Fronde un temps a esté

Qu’elle estoit comme ensevelie,

Son nom n’estoit plus esclatté,

Notre Fronde un temps a esté

Son honneur presque plus vanté,

Bref elle estoit comme abolie,

Nostre Fronde un temps a esté

Qu’elle estoit comme ensevelie.

 

                               ***

 

Souvent ce qui est abbatu

Glorieusement se releve :

Car nostre Fronde et sa vertu,

Souvent ce qui est abbatu

Pourra vaincre le plus testu,

Il faut donc que d’elle on se serve,

Souvent ce qui est abbatu

Glorieusement se releve .

 

                               ***

 

Vive le Monarque François,

Et sa Mere sage et pieuse,

Et de Beaufort Prince courtois,

Vive le Monarque François,

Et puis qu’on crie à haute voix,

Vive aussi la trouppe frondeuse,

Vive le Monarque François,

Et sa Mere sage et pieuse

 

                               ***

 

Frondeurs vos noms seront gravez

Sur de l’or, non sur de la cire,

Car braves gens estes trouvez,

Frondeurs vos noms seront gravez,

Et vos tombeaux mesmes eslevés

Sur piliers de Jaspe et de Porphire,

Frondeurs vos noms seront gravez

Sur de l’or, non sur de la cire.

 

                               ***

 

                               FIN.

 

[1] François de Bourbon-Vendôme, petit-fils de Henri IV et de Gabrielle d’Estrée, voir le lien ci-dessous.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_de_Vend%C3%B4me

 

Repost 0
17 août 2017 4 17 /08 /août /2017 13:30

Vous desséchez sur des épingles

Dans la tristesse de ce cadre,

Voiliers légers dont les escadres

Sous la brise de juillet cinglent

Pour aller conquérir au loin les moissons d’or.

 

Paons du jour palpitant sur les pierres brûlantes,

Grand Machaon que l’août caniculaire dore,

Vulcain, dit l’Amiral, à festons tricolores,

Toi dont l’aile est verte au revers, charmante Aurore,

Soufré, ivre de thym, de mélisse et de menthe,

Pyrale du prunier, Argus bleu des luzernes,

Manteau royal, farouche orgueil des bois d’Ardennes !

Toi qu’on voit sans repos sur les choux voltiger,

Papillon blanc des potagers,

Et vous qu’attirait ma lanterne

Loin du silence lourd des corbeilles nocturnes,

Feutrés de poils et de peluches,

Pareils, en votre bure, aux pénitents de Furnes,

Sphynx siffleur et pillard de ruches

Avec une tête de mort sur ta cagoule,

Bombyx velu, petite  Nonne noire et blanche

Dont les chenilles

En famille

Processionnent sur les branches…

 

                               ***

 

 

Ce texte est tiré du volume Poésies de Thomas BRAUN, édité au Mercure de France est tiré de :

Nouvelle Anthologie Poétique de Gilbert Rouger et Robert France. Fernand Nathan. 1958. P.72-73.

 

Voici les liens que j’ai trouvés sur cet auteur.

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Thomas_Braun

 

http://www.arllfb.be/composition/membres/braun.html

 

Repost 0
Published by ALARIC - dans XXè siècle
commenter cet article
16 août 2017 3 16 /08 /août /2017 22:09

Là-bas, bien loin, sourit une maison très blanche ;

Là-bas, bien loin, s’éplore une mère au front gris ;

La maison se lézarde, et la mère se penche ;

L’une branle sa tête et l’autre ses lambris.

Je suis le fils des deux et mon cœur les vénère

Quand je vais au pays dans la belle saison,

Je vois s’ouvrir pour moi tes deux bras, ô ma mère,

Je vois s’ouvrir pour moi ta porte, ô ma maison

Et je baise les mains et je touche les pierres,

Je regarde les doigts et les planchers tremblants,

Et j’ai des pleurs très doux au bord de mes paupières

Pour la mère au front gris et la mère aux murs blancs.

 

                               ***

 

Ce texte est tiré de l’ouvrage Le Livre d’Or de la Mère – Camille Schneider – Edition du Journal « LA FEMME ET L’ENFANT ». 1928. P.80.

 

 

Voici quelques liens sur cet auteur :

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5437393n

Un lien incontournable :

https://www.centrecultureldupaysdorthe.com/figures-du-pays-d-orthe/jean-rameau/

 https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Rameau

http://www.pouillon40.fr/Decouvrir-Pouillon/Histoire-et-patrimoine-de-Pouillon/Les-Amis-de-Jean-Rameau

Repost 0
Published by ALARIC - dans XXè siècle
commenter cet article

Présentation

  • : Poètes Inconnus.
  • Poètes Inconnus.
  • : Des textes de poètes oubliés ou inconnus du XVè au XXè siècle et des bibliographies.
  • Contact

Recherche